Le calculateur
1Quel matériel ?
Les heures où la machine tourne, pas celles où elle attend sur le chantier.
Taux du crédit, ou coût de l'argent immobilisé si l'achat est comptant.
Dents, lames, disques, huile, filtres.
Coût de possession : il court même à l'arrêt
| Amortissement (32 000 € moins 8 000 € sur 8 ans) | 3 000,00 € / an |
| Assurance | 600,00 € / an |
| Entretien (7 % du prix payé) | 2 240,00 € / an |
| Financement (4 % sur le capital moyen) | 800,00 € / an |
| Total annuel | 6 640,00 € |
| Rapporté à 500 heures | 13,28 € / h |
Coût d'utilisation : il ne court qu'en marche
| Carburant | 7,20 € / h |
| Consommables | 1,20 € / h |
| Total | 8,40 € / h |
Ce que vous devez facturer :
| Coût de revient horaire | 21,68 € |
| Dont possession | 61,3 % |
| Prix horaire avec 20 % de marge | 26,02 € |
| Prix journalier (7 h) | 182,11 € |
| Coût total sur les 8 ans | 86 720 € |
L'essentiel en 30 secondes
- Coût de possession : amortissement, assurance, entretien, financement. Il court même quand la machine dort.
- Coût d'utilisation : carburant et consommables. Il ne court que moteur tournant.
- Le nombre d'heures par an change tout : c'est le diviseur du coût de possession, et c'est le chiffre qu'on surestime le plus.
- Achat contre location : comparez le coût de possession annuel à ce que la location vous ferait économiser par jour.
L'heure qui coûte le plus cher est celle qu'on ne fait pas
Prenez une mini-pelle achetée 32 000 €, revendue 8 000 € au bout de huit ans. L'amortissement est de 3 000 € par an, auxquels s'ajoutent l'assurance, l'entretien et le financement : environ 6 600 € de charges annuelles avant d'avoir mis un litre de gasoil. Utilisée 500 heures par an, sa possession revient à 13,28 € l'heure. Utilisée 150 heures, elle revient à 44 € l'heure.
C'est toute la difficulté de l'investissement matériel dans une petite entreprise : le coût ne dépend presque pas de la machine, il dépend du volume de travail qu'on lui donne. Acheter une machine sous-employée, c'est transformer une charge variable, la location, en charge fixe, et donc remonter son seuil de rentabilité sans rien gagner.
Durées d'utilisation couramment retenues
| Matériel | Durée | Heures par an | Entretien annuel |
|---|---|---|---|
| Véhicule utilitaire | 5 ans | 800 h | 4 % du prix payé |
| Mini-pelle, chargeuse | 8 ans | 500 h | 7 % du prix payé |
| Échafaudage, étaiement | 10 ans | 600 h | 2 % du prix payé |
| Outillage électroportatif | 4 ans | 400 h | 5 % du prix payé |
| Compresseur, groupe électrogène | 7 ans | 500 h | 5 % du prix payé |
| Nacelle, chariot élévateur | 8 ans | 600 h | 8 % du prix payé |
| Autre matériel | 5 ans | 600 h | 5 % du prix payé |
Ces valeurs servent de point de départ : elles correspondent à une utilisation d'entreprise artisanale et non à un parc de loueur. Remplacez-les par les vôtres dès que vous les connaissez, en particulier les heures par an, qui sont le paramètre le plus sensible du calcul.
Questions fréquentes
Pourquoi calculer un coût horaire alors que le matériel est déjà payé ?
Parce qu'il devra être remplacé. Un matériel payé comptant il y a quatre ans n'est pas gratuit : il s'use, et le jour où il lâche, il faut racheter. Le coût horaire sert justement à mettre de côté, chantier après chantier, de quoi financer le remplacement. Ne pas le facturer revient à offrir son matériel à ses clients, puis à devoir emprunter pour le renouveler.
Que mettre dans les heures d'utilisation par an ?
Les heures où le matériel tourne réellement, pas les heures où il est sur le chantier. Une mini-pelle louée à la journée travaille rarement plus de cinq heures sur huit. Si vous surestimez ce chiffre, le coût horaire ressort trop bas et vous sous-facturez. Le compteur horaire de la machine, quand il existe, donne la vraie réponse.
Faut-il compter les intérêts du crédit ?
Oui, sous une forme ou une autre. Si le matériel est financé, les intérêts sont un coût réel. S'il a été payé comptant, l'argent immobilisé n'a pas pu servir ailleurs : c'est un coût d'opportunité que la plupart des méthodes valorisent au taux d'un crédit équivalent, appliqué au capital moyen immobilisé, soit (prix d'achat + valeur de revente) divisé par deux.
Amortissement comptable et amortissement économique, est-ce pareil ?
Non. L'amortissement comptable suit des durées d'usage admises fiscalement et sert à calculer votre résultat. L'amortissement économique, celui de cet outil, sert à fixer un prix : il part de ce que vous avez payé, de ce que vous récupérerez à la revente et du temps pendant lequel vous allez vous en servir. Les deux peuvent différer, et c'est normal.
À partir de quand vaut-il mieux acheter que louer ?
Quand le nombre de jours d'utilisation par an dépasse le point d'équilibre : coût de possession annuel divisé par l'écart entre le prix de location journalier et votre coût d'utilisation journalier. En dessous, la location coûte moins cher et n'immobilise rien. Au-delà, l'achat devient rentable, à condition que le volume d'utilisation se maintienne les années suivantes, ce qui est la vraie inconnue.
Peut-on refacturer le matériel au client ?
Oui, de deux façons. Soit vous l'intégrez au prix de l'ouvrage, ce qui est la pratique courante et la plus simple à défendre. Soit vous le faites apparaître en ligne distincte, comme une location, ce qui se justifie quand le matériel est exceptionnel : nacelle, échafaudage de grande hauteur, compacteur. Dans les deux cas le montant est le même, seule la présentation change.
Et le petit outillage ?
Il se traite rarement machine par machine. La pratique consiste à le globaliser dans les frais généraux : vous additionnez vos achats d'outillage de l'année, vous les rapportez à votre déboursé, et le taux obtenu entre dans vos frais généraux. Réservez le calcul détaillé aux matériels qui représentent un vrai investissement.
Votre matériel chiffré dans le devis
Ajoutez le coût de votre matériel à vos devis en une ligne, ou intégrez-le au prix de l'ouvrage : DEV-IX calcule le total, la TVA et la marge du chantier. Essai gratuit de 14 jours, puis une formule gratuite.
Autres outils gratuits
Sources
- Légifrance — Article 39 du code général des impôts (amortissements déductibles)
- BOFiP — Amortissements et durées d'usage admises
- INSEE — Index du bâtiment BT01, tous corps d'état
Méthode et repères à jour au 23 septembre 2026, fournis à titre indicatif. Les durées, heures annuelles et taux d'entretien proposés sont des ordres de grandeur observés dans l'artisanat, non des barèmes : seuls vos relevés d'utilisation et vos factures d'entretien donnent vos valeurs réelles. Le calcul présenté est un calcul de gestion destiné à fixer un prix ; il ne se confond pas avec l'amortissement comptable et fiscal, dont les durées d'usage relèvent de l'article 39 du code général des impôts et des commentaires du BOFiP. Pour vos écritures, référez-vous à votre expert-comptable.